Lors d’une réunion du conseil régional de Bourgogne-Franche-Comté en date du vendredi 11 octobre un élu régional du rassemblement national a demandé à une administrée de quitter les lieux du fait qu’elle était voilée. Celle-ci accompagnait la classe de son fils venue assister aux débats de cette assemblée.
Pour appuyer ses propos, le conseiller régional s’est basé, entre autre, sur l’irrespect du principe de Laïcité qui mérite d’être rapidement rappelé.
Celui-ci vise en premier lieu a reconnaître la liberté de religion (article 1 de la loi de 1905 : La République assure la liberté de conscience. Elle garantit le libre exercice des cultes sous certaines restrictions édictés dans la dite loi).

Cette liberté souffre néanmoins de limites auxquelles peut s’exposer le port du voile. Cette problématique est apparue à la fin des années 80 lorsque des élèves de collèges et lycées sont venus en cours avec ce vêtement à connotation religieux.
Le questionnement s’est porté sur l’application du principe de neutralité du service public qui est un des éléments constitutifs de la laïcité moderne.
Si celui-ci fixement clairement le cadre pour les agents du service public (neutralité stricte à savoir pas de port de signe religieux ostentatoire), ses usagers peuvent librement porter leurs signes religieux dans l’espace public à l’exception des élèves de primaire et second degré.
En l’espèce la dame, en sa qualité d’usager du service public, pouvait tout à fait accéder au sein du conseil régional sans que cela ne porte atteinte au principe de laicité.
Il est intéressant néanmoins de souligner le débat existant aujourd’hui sur la nature juridiques des parents accompagnateurs des sorties scolaires à savoir si leur qualité relève de l’usager ou du collaborateur occasionnel du service public. Cette dernière définition les feraient rentrer dans le cadre de l’exigence de neutralité imposée aux agents du service public.